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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
URGENT  / SYRIE – Baroud d’honneur trumpien… Ou dangereux regain de guerre froide ?

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient - URGENT

Alors que le conflit syrien prend fin par la victoire programmée du régime de Bashar al-Assad et que, l’État islamique (EI) vaincu, on pensait la coalition internationale menée par Washington sur le départ, une série d’interventions militaires se sont succédé en quelques jours, en ce début février 2018, impliquant sur le territoire national syrien les forces armées des États-Unis, de la Russie, de l’Iran, d’Israël et de la Turquie.

Mais surtout, il semble que cette suite d’événements, qui ont tout l’air de ripostes menées de concert par les alliés des deux camps en présence, ait eu pour déclencheur les bombardements opérés par l’aviation américaine le 7 février 2018, lesquels ont ciblé, sur le sol syrien toujours, des unités de volontaires pro-gouvernementales qui progressaient depuis Deir ez-Zor en direction du nord-est de la Syrie, région actuellement sous contrôle des Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition de milices dont la grande majorité est constituée des troupes kurdes du YPG (branche syrienne du PKK).

Depuis le début du mois de février 2018, en effet, l’armée syrienne a lancé de larges offensives sur les zones encore sous contrôle des rebelles, à savoir les deux poches aux mains de factions djihadistes coalisées, la Ghouta orientale (dans le sud du gouvernorat de Damas) et le gouvernorat d’Idlib (sur lequel l’étau se resserre depuis les offensives de décembre 2017), s’apprêtant enfin à également réinvestir les régions du nord, encore tenues par les Kurdes du YPG mais désormais sous le feu de l’armée turque (en cela alliée indirecte de Damas).

Les bombardements américains du 7 février, qui auraient tué une centaine de combattants pro-Assad, avaient ainsi pour but de protéger les FDS d’une attaque ordonnée par le régime, et plus particulièrement de soutenir le YPG, principal allié de la coalition internationale menée par les États-Unis contre l’EI (et par ailleurs attaqué, dans le nord-ouest syrien, depuis le 20 janvier 2018, par l’offensive turque baptisée « Rameau d’Olivier » qui vise à éliminer ces milices kurdes qualifiées de « terroristes » par le gouvernement turc en lutte contre le PKK sur son propre territoire). L’armée régulière syrienne se prépare effectivement à traverser l’Euphrate, qui délimite la zone d’influence américaine, au nord du fleuve (les zones kurdes), et le territoire déjà reconquis par le régime syrien avec l’aide de la Russie ; un demi-millier d’hommes, y compris des soldats de l’armée du régime, avaient ainsi commencé la manœuvre de franchissement de l’Euphrate, pour reprendre le nord du pays aux rebelles du YPG, et notamment la région pétrolière de Kusham.

Cette violation américaine de la souveraineté nationale syrienne a fait l’objet de protestations de la part du gouvernement syrien et a immédiatement reçu réponse de Moscou, l’allié privilégié du régime : alors que, suite à la destruction d’un avion de combat russe dans la région d’Idlib, le 3 février, et ce par un groupe rebelle djihadiste présumé pro-turc, la Russie avait décidé de limiter les zones dans lesquelles l’offensive turque pouvait se déployer sur le sol syrien, Vladimir Poutine a aussitôt autorisé l’aviation turque à étendre ses bombardements sur les positions du YPG, qui se sont ainsi brusquement intensifiées, le 9 février, dans la région d’Afrine et sur la ville elle-même.

Les gouvernements turc et russe, dès le lendemain des bombardements américains (le 8 février), avaient par ailleurs annoncé la tenue d’un important sommet relatif à la tournure prise par la situation en Syrie, qui doit avoir lieu dans les plus brefs délais, en Iran et avec la participation du président Rohani (l’autre grand allié du régime de Bashar al-Assad).

Or, le 10 février 2018 (au lendemain des bombardements turcs sur les positions du YPG dans la ville d’Afrine), l’État d’Israël a ...

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