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Monde arabe

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Pierre PICCININ da PRATA (Historien - Politologue)

Publié le par Pierre PICCININ da PRATA
URGENT / SYRIE – Frapper la Syrie, c’est attaquer la Russie

Le Courrier du Maghreb et de l'Orient - 11 avril 2018

 

Quel jeu joue Trump ? Quelle mouche pique Macron ? Quelle porte de sortie est-elle encore possible à une escalade devenue folle ?

Frapper la Syrie, c’est frapper l’Iran… On comprendra la logique de l’administration trumpienne qui a déjà offert Jérusalem à Israël.

Mais, surtout, c’est frapper la Russie.

Or, c’est le repositionnement de la Russie sur le plan international qui se joue à présent en Syrie. Le président russe Vladimir Poutine ne saurait laisser son allié être attaqué, sans que soit ruinée toute sa politique étrangère mise en œuvre depuis plus de dix ans, et particulièrement en Syrie où les moyens militaires engagés portent aujourd’hui leurs fruits à la face du monde sidéré ; Moscou a remplacé Washington dans la maîtrise du Moyen-Orient.

Mais le fait est également qu’une frappe sur la Syrie serait totalement illégale, sans une résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies…

Comme le furent déjà et incontestablement les frappes ordonnées par Donald Trump en avril 2017, sur la base militaire syrienne d’al-Chayrat, en « représailles » à une attaque chimique « présumée » du régime sur l’entité rebelle de Khan Cheikhoun (gouvernorat de Homs).

La tendance de ce printemps 2018, à Paris comme à Washington, serait-elle à l’oubli du droit international ?

*        *        *

La question de ce dossier de l’attaque chimique (présumée) qui aurait été lancée le 7 avril 2018 par l’armée du gouvernement de Bashar al-Assad sur Douma, un quartier de la zone rebelle de la Ghouta (dans la banlieue de Damas, la capitale syrienne), n’est pas d’établir si les faits reprochés au régime syrien sont ou non avérés, mais de définir quels objectifs les protagonistes occidentaux tentent-ils d’atteindre par le biais de ce non-événement.

Ce n’est pas la première fois, en effet, que le régime est accusé par Washington, Londres ou Paris d’avoir utilisé un armement chimique contre les forces rebelles ; et ce n’est pas la première fois que Damas et Moscou démentent ces accusations, dénonçant cette fois une « mise en scène » orchestrée par les rebelles, devant les caméras, pour entraîner une réaction occidentale, et ce à un moment où l’opposition syrienne au gouvernement de Bashar al-Assad se trouve en très grande difficulté sur le plan militaire, et même sur le point d’être anéantie.

Un scénario du « franchissement de la ligne rouge » (principe prononcé par Barak Obama, qui avait annoncé une intervention en cas d’utilisation d’armes chimiques) qui, par ailleurs, avait déjà été évoqué lors d’une première « attaque » chimique au gaz sarin sur la Ghouta ; c’était en… août 2013. L’enquête n’avait jamais pu déterminer, à l’époque, si le responsable du drame était le régime ou bien si la tuerie avait résulté d’une tentative de la part d’une faction islamiste de provoquer une intervention états-unienne, comme plusieurs indices le laissait supposer.

Reste l’argument maître : ces différentes attaques imputées au régime apparaissent insensées, dans la mesure où, militairement, elles n’ont jamais ...

 

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Mircea SERBAN 14/04/2018 14:04

De toute évidence, en l'absence d'armes nucléaires, la guerre chimique est concurrentiel -moralmente mis une pression énorme sur tout inseaamna les institutions et le droit international des droits de l'homme! Malheureusement, tout cet arsenal « moral » est devenu obsolète!